
En trois semaines et trois jours, le Maroc a donné au monde l'image d'une transition institutionnelle maîtrisée : un scrutin le 23 septembre, une cheffe du gouvernement désignée le 29, une coalition le 12 octobre, un gouvernement assermenté le 16. Voici le récit détaillé de ce mois qui a ouvert la législature — suivi en continu sur la page du gouvernement.
Le calendrier, jour par jour
| Date | Étape |
|---|---|
| 23 septembre | Scrutin législatif — 395 sièges, participation 38,08 % |
| 25 septembre | Proclamation des résultats définitifs par le ministère de l'Intérieur |
| 29 septembre | Le Roi nomme Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement |
| 30 septembre – 11 octobre | Consultations avec les partis représentés |
| 12 octobre | Accord de majorité à quatre : PAM, Istiqlal, USFP, PPS — 207 sièges |
| 13 octobre | Annonce de la répartition des portefeuilles |
| 16 octobre | Serment des ministres devant le Roi Mohammed VI |
Une nomination historique
Juriste, plusieurs fois maire de Marrakech, ministre dans le gouvernement précédent : Fatima Ezzahra El Mansouri cumulait les titres quand le Roi lui a confié, en application de l'article 47 de la Constitution, la tâche de former un gouvernement. Elle est la première femme à occuper cette fonction dans l'histoire du Royaume — et l'une des rares à la tête d'un exécutif dans la région.
La nomination d'une femme à la tête du gouvernement n'était pas un détail protocolaire : c'est la consécration d'une trajectoire locale — la mairie de Marrakech — devenue nationale.
Fatima Ezzahra El Mansouri, cheffe du gouvernement du Maroc.
Le poids exact de chaque partenaire
La coalition quadripartite n'est pas un mariage égalitaire. Chaque signature de l'accord du 12 octobre pèse un nombre précis de sièges — et donc de portefeuilles :
| Partenaire | Sièges | Part de la coalition (207) |
|---|---|---|
| PAM | 97 | 47 % |
| Istiqlal | 65 | 31 % |
| USFP | 26 | 13 % |
| PPS | 19 | 9 % |
Le PAM porte presque la moitié de l'édifice ; l'Istiqlal en structure l'autre moitié ; l'USFP et le PPS font office d'apport numérique et de caution de gauche. L'analyse complète de cette arithmétique est dans notre dossier sur l'équation de 198.
La méthode des consultations
La cheffe du gouvernement désignée a reçu, en deux séries, l'ensemble des partis représentés à la Chambre. Le PJD a fermé la porte dès la première semaine ; le RNI a laissé la porte entrouverte avant de la refermer ; UC et MDS ont été reçus sans que les nombres ne suivent. Le 12 octobre, le quatuor PAM–Istiqlal–USFP–PPS publiait un communiqué commun : « un gouvernement politique fort, uni et engagé dans une vision réformatrice commune ».
Ce que l'on sait du gouvernement
Une trentaine de membres au total, dont six femmes — un record pour un exécutif marocain. Les figures de la continuité restent : Nasser Bourita aux Affaires étrangères, Abdelouafi Laftit à l'Intérieur — deux portefeuilles « souverains » dont la stabilité en dit long sur la ligne royale. Le reste de la composition reflète le prorata de la coalition : les quatre familles se partagent les départements selon leur poids en sièges.
Les trois chantiers qui attendent
- Le programme gouvernemental. Présenté le 19 octobre devant les deux chambres, il a été adopté le 22 octobre par 204 voix contre 127 — le premier test du bloc de 207 est passé, avec trois voix déjà égarées.
- La loi de finances. Héritée du précédent exécutif, elle devra être votée ou réécrite dans les délais constitutionnels.
- Les lois organiques. La majorité des deux tiers est parfois nécessaire : le gouvernement devra alors chercher des voix au-delà de sa coalition — un exercice délicat avec 207 sièges.
Un mois pour former, une semaine pour être investi : le gouvernement El Mansouri entre dans le gouvernement ordinaire — loi de finances 2027 présentée dès le 23 octobre par Fouzi Lekjaa.
Mis à jour le 27 octobre 2026
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Questions fréquentes
Qui a nommé Fatima Ezzahra El Mansouri et quand ?
Le Roi Mohammed VI l'a nommée cheffe du gouvernement le 29 septembre 2026, en application de l'article 47 de la Constitution, six jours après la proclamation des résultats définitifs des législatives.
Quels partis composent la majorité ?
Quatre partis : le PAM (97 sièges), l'Istiqlal (65), l'USFP (26) et le PPS (19) — soit 207 sièges sur 395, pour une majorité absolue fixée à 198.
Quand le gouvernement a-t-il prêté serment ?
Le 16 octobre 2026, devant le Roi Mohammed VI. Le gouvernement compte une trentaine de membres, dont six femmes, et plusieurs ministres sortants conservent leur portefeuille.